Compagnie Le Flamant

FORÊTS PAISIBLES

FORÊTS PAISIBLES

À travers une vingtaine de mises en situations dialoguées, dansées, chantées, mimées… "Forêts Paisibles" raconte la parentalité sous la forme d'une mosaïque. Tantôt inspirée du quotidien, tantôt plus poétique, absurde ou symbolique, cette création explore l'ambivalence des sentiments et émotions que peuvent générer les rapports entre parents et enfants, à différents stades de leurs vies.
DOSSIER ARTISTIQUE

NOTE
D'INTENTION

Que signifie être un parent, être un enfant en France dans les années 2020 ? Si les "Forêts Paisibles" ne se targuent pas de répondre catégoriquement à cette question, elles s'interrogent, explorent, racontent à travers diverses scènes en quoi la parentalité peut consister de nos jours. Avant d'être réellement vécue, cette parentalité existe par le désir, ou le non désir d'enfant de chacun. Elle se vit comme un chemin, que je traverse moi-même au quotidien depuis neuf ans avec mes trois enfants. Et que j'ai eu envie d'imaginer, de raconter sur scène. Les "Forêts Paisibles" n'ont de paisibles que leur titre. Allusion directe au rondeau baroque de Jean-Philippe Rameau composé en 1727 pour l'opéra "Les Indes Galantes" (qu'on entendra en fond de scène finale), ce titre est un clin d'œil à l'état de grâce, de bien-être, ce fameux "bliss" ressenti par de nombreux parents en enfantant. Pourtant, derrière cette plénitude, se tapissent des sentiments bien plus complexes, parfois plus noirs, qui font aussi, selon moi, toute la richesse et la beauté de la parentalité. Ce thème de l'ambivalence parentale, je l'ai vécu personnellement en devenant mère, mais ai pu également l'étudier durant mes treize ans comme journaliste de culture et société attachée au magazine ELLE (notamment à travers mes articles "les nouveaux codes de la maternité", "PMA : mode d'emploi" ou "le difficile parcours de l'adoption en France"). Un thème que j'ai également choisi d'explorer durant mes trois ans de cursus de théâtre au Cours Florent, dans les classes de Cendrine Orcier, Olivier Tchang-Tchong, Sandy Boizard, Olivier Peigné ou Sophie Lecarpentier. De la dépression post-partum avec le monologue de "La Visite" d'Anne Berest et le rôle de Suzy Stork de Magali Mougel, à la vie de couple et de parents à travers le rôle de Marianne dans "Scènes de la vie conjugale" d'Ingmar Bergman. Des "mauvaises" mères de "Cet Enfant" de Joël Pommerat ou le rôle de Mathilde du "Retour au désert" de Bernard-Marie Koltès. Au thème du deuil périnatal enfin, dans "Les jours s'en vont" de Jon Fosse... les rôles que j'ai pu travailler pendant mon cursus m'ont permis d'approcher d'encore un peu plus près cette ambivalence de sentiments et émotions que génère la parentalité, qui m'est apparue comme un terreau d'inspiration créative extrêmement riche, permettant une grande liberté sur le fond et la forme. Si raconter les liens entre parents et enfants consiste à parcourir tout ce qui précède la naissance et dont on connaît aujourd'hui mieux le parcours, parfois semé d'embûches, il m'importe également d'aborder de la même manière le désir de certaines personnes de ne jamais enfanter. Vouloir raconter ces liens, c'est aussi aborder la question du couple, celle du gap générationnel, ou l'idée qu'on en vient parfois un jour à devenir les parents de nos propres parents. Pénétrer dans les "Forêts Paisibles", c'est traverser les complexités de la filiation à travers diverses situations, dans une écriture qui observe sans juger, mais avec une part d'ironie, d'absurde, qui vise à décaler le naturalisme d'un sujet aussi vaste et commun que celui de la parentalité contemporaine, pour le théâtraliser. Une liste non exhaustive de mises en situations qui se réactualisent constamment, au gré de l'inspiration et de l'actualité, parfois directement travaillées, voire improvisées au plateau avec les comédiens. Pénétrer dans les "Forêts Paisibles", c'est également se laisser porter par différentes formes d'écritures. Tel l'art du slam emprunté à Grand Corps Malade (à travers la réponse "Messieurs" que je propose ici à son titre "Mesdames"). L'usage de la dystopie, pour raconter un monde où le CPCE (le Centre de Prévention Contre les Écrans) tente de réparer les enfants abîmés par les écrans. Ou encore la métaphore animale étudiée chez Jean de La Fontaine pour revenir aux sources de la parentalité dans un échange entre une cigogne et un flamant rose. Un amour de la langue française issu de ma profession de journaliste, mais aussi un amour de la musique, que je dois à ma formation de chanteuse lyrique à la Schola Cantorum puis au conservatoire du XIIIème de Paris. Après des années à parcourir les répétitions et spectacles (parfois en faisant de la figuration) en France, en Angleterre ou en Italie, pour mes deux parents chanteurs lyriques. Et qui m'ont permis également de découvrir dès mon plus jeune âge de grands metteurs en scène d'opéras (Franco Zeffirelli, Giorgio Strehler, Andrei Serban, Irina Brook, Robert Wilson, Laurent Pelly, Benoît Jacquot...) chorégraphes (Angelin Preljocaj, Blanca Li, Maurice Béjart, Jacques Demy, Jérôme Robbins, Jean Coralli...) ou plus récemment des metteurs en scène de théâtre (Joël Pommerat, Romeo Castellucci, Jean-François Sivadier, Wajdi Mouawad, Eric Ruf...) qui m'ont fortement marquée. Pénétrer dans les "Forêts Paisibles", c'est se laisser porter, enfin, dans un voyage que j'espère divertissant, bien que parfois effrayant. Une sorte d'ode poétique à tous les parents ou enfants que nous sommes. ÉMILIE RIVENQ

DISTRIBUTION

Émilie Rivenq
ÉMILIE RIVENQ
AUTRICE & METTEUSE EN SCÈNE
Emma Dancer
EMMA DANCER
Alice Faivre-Finance
ALICE FAIVRE-FINANCE
Lou Coulon
LOU COULON
Jacques Gignoux
JACQUES GIGNOUX
Nicolas Coudray
NICOLAS COUDRAY
Laly Travairs
LALY TRAVAIRS
RÉGISSEUSE SON ET LUMIÈRE